jeudi, avril 17, 2008

Jean-Stéphane Bron, le chemin vers la fiction dans l'Hebdo de Lausanne 2006

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Les intentions de Jean-Stéphane Bron


En ces temps troublés, où un éloignement toujours plus croissant se fait sentir entre nous et le monde politique, j'ai essayé de répondre à une question simple : comment ça marche le Palais fédéral ? Et la réponse donnée à travers l'histoire de ce film pourrait se résumer ainsi : ça marche parce que des gens de bonne volonté et pas forcément d'accord les uns avec les autres se parlent encore et toujours, jusqu'à pouvoir se dire "avec ça tu peux vivre, et moi aussi je peux vivre". Une histoire qui remet la politique à un niveau humain, qui nous rappelle que les politiques ce sont des hommes et des femmes avec des défauts et des convictions, qui cherchent des solutions, les questions fussent-elles très, très compliquées...

Au-delà des "deals", des intrigues de couloir, des pressions de tous bords, je crois que c'est une histoire qui montre la démocratie sans angélisme et qui dit la fragilité de vivre ensemble.






Jean-Stéphane Bron, le chemin vers la fiction
Le réalisateur de «Mais im Bundeshuus - Le génie helvétique» vient de tourner son premier long métrage de fiction, qui sortira à l'automne. Portrait de l'homme via son parcours et son entourage.
PAR PIERRE GROSJEAN


Jean-Stéphane Bron est bien obligé de travailler en réseau. Tisser des toiles pour trouver l'inspiration, monter un projet, réunir des talents, coordonner des équipes, convaincre... Et fabriquer ainsi un film qui à son tour réunira d'autres gens dans les salles.

Sa dernière réalisation, «Mais im Bundeshuus - Le génie helvétique», a déplacé plus de 110'000 spectateurs. Un score historique pour un documentaire tout sauf racoleur sur le fonctionnement du Parlement suisse et les enjeux du génie génétique. Il a aussi réalisé «La bonne conduite» (1999), un film sur l'auto-école primé à Berlin et à New York, diffusé dans une quinzaine de pays, ainsi que «Connu de nos services» (1997).

Jean-Stéphane Bron termine actuellement sa première fiction, «Mon frère se marie», qui sortira à l'automne. L'histoire d'une famille suisse qui tente de se raccommoder à l'occasion du mariage du fils adoptif; chacun veut sauver les apparences pour ne pas décevoir la mère biologique, qui a annoncé sa venue du Vietnam...

«C'est une histoire inventée, même si j'y ai mis beaucoup de moi-même», dit Jean-Stéphane Bron. Quand il avait 10 ans, ses parents ont adopté un enfant vietnamien, Dinh Phuc, «que j'ai immédiatement considéré comme mon frère».

Alors que le cinéma suisse se cherche un nouveau positionnement et de nouvelles ambitions, Jean-Stéphane Bron trace un chemin à part, qui pourrait bien servir de modèle aux apprentis cinéastes (et au nouveau Monsieur Cinéma de la Confédération, Nicolas Bideau): il réussit à tourner les films dont il a envie, et à donner envie aux gens d'aller les voir.

Jean-Stéphane Bron nous a raconté comment il travaille en réseau.


Les racines


Romanel-sur-Lausanne
Jean-Stéphane Bron, né en 1969, grandit dans le village de Romanel- sur-Lausanne, connu pour son eau minérale alcaline (exploitée jusqu'en 1978 sous le nom de Romanette). Il suit l'école secondaire à Prilly, puis passe sa matu à Lausanne. «Ensuite, j'ai fait des petits boulots comme serveur, chauffeur-déménageur... J'ai aussi travaillé sur des chantiers, pour financer ma vie.»

Les salles obscures
C'est en découvrant «No man's land», d'Alain Tanner, que Jean-Stéphane Bron commence à s'intéresser au métier de cinéaste. «Je devais avoir 15 ans. Je voulais savoir qui avait fait ce film. Et à partir de là, j'ai commencé à choisir les films non seulement par rapport au titre ou au thème, mais aussi au réalisateur.»

Un cinéaste, s'il n'y en avait qu'un? «François Truffaut. Mais j'aime aussi des réalisateurs comme Steven Soderbergh, Jean Eustache et Clint Eastwood. Un film qui m'a particulièrement marqué? «Ordinary People», de Redford.»

Ermanno Olmi
Parti de la maison à 17 ans et demi, Jean-Stéphane Bron est allé suivre une école de cinéma près de Venise dirigée par Ermanno Olmi (Palme d'or à Cannes en 1978 avec «L'arbre aux sabots»). «Les autres écoles de cinéma demandaient aux étudiants d'avoir bac + 2, pas celle-là. Ermanno Olmi, en bon héritier de Rossellini, nous apprenait à avoir un point de vue moral sur les films.»

Yves Yersin
Jean-Stéphane Bron a étudié au département cinéma de l'Ecal, créé par Yves Yersin, l'auteur des «Petites fugues». «Avec ce film, il a touché à quelque chose d'universel, qui peut être apprécié jusqu'en Chine, grâce à la puissance du récit. Je l'avais vu à sa sortie en 1979, je crois que c'était au Bourg. A l'époque, on n'avait pas l'habitude de voir des films qui se passaient ici, dont on reconnaissait l'accent. Yves Yersin applique la philosophie de l'artisan jusqu'à l'extrême. L'opposé exact de l'approche d'Ermanno Olmi, dont j'ai aussi suivi les cours.»


Les créateurs

Lionel Baier
Jean-Stéphane Bron et Lionel Baier (auteur de «Garçon stupide») se connaissent depuis huit ans. «C'est le complice absolu. Il est à la fois mon petit frère et mon grand frère», dit Jean-Stéphane Bron. Leurs nouveaux films respectifs sortiront cette année.

Christian Davi
Le réalisateur Chistian Davi (cofondateur de Hugo Film) est un peu l'alter ego zurichois. «On a fait de la politique ensemble, et il entretient le même rapport un peu filial avec Fredi M. Murer («Hohenfeuer») que moi avec Yves Yersin», dit Jean-Stéphane Bron.

Ruth Waldburger
La productrice zurichoise Ruth Waldburger fait aussi partie du réseau de Jean-Stéphane Bron. «Je l'ai rencontrée sur le tournage de «Hélas pour moi», de Godard. Elle disait que les Etats-Unis étaient sur le déclin, et elle avait bien aimé que je la contredise. Elle m'a filé ensuite de la pellicule pour mon film de diplôme. Qui est d'ailleurs le seul film que j'ai tourné avec de la pellicule. Tous les autres, je les ai faits en vidéo.»

Elodie Pong
La plasticienne et réalisatrice vidéo Elodie Pong appartient aussi au cercle des intimes depuis une douzaine d'années. «C'est une interlocutrice exceptionnelle, j'aimerais qu'elle le reste pour toujours.»

Christian Garcia
Le guitariste du groupe Velma travaille régulièrement avec Jean-Stéphane Bron. «Pour la musique de mon nouveau film, il s'est enregistré seul dans sa cave, avec juste de la guitare et du chant.»

Richard Dindo
Le documentariste zurichois Richard Dindo a influencé Jean-Stéphane Bron. «Je l'ai connu après «Ernst S, traître à la patrie», et on est restés en contact. C'est quelqu'un qui a besoin de discuter de son travail. Il m'a influencé en me rendant attentif à l'idée du dispositif: le fait de réfléchir à une forme, de trouver une cohérence. C'est un vrai intellectuel. Je me souviens d'ailleurs qu'enfant, j'avais vu «El Suiso», sans savoir qui l'avait fait.»


Les producteurs

Thierry Spicher
«Mon frère se marie», premier film de fiction de Jean-Stéphane Bron, qui sortira à l'automne, est coproduit par le Français Philippe Martin et le Suisse Thierry Spicher, ex-directeur du Théâtre Arsenic.

«C'est Jean-Stéphane qui m'a incité à me lancer dans la production de films, raconte Thierry Spicher. Nous nous sommes tout de suite bien entendus, car nous sommes très complémentaires. Jean-Stéphane est un artiste à la fois séducteur et déterminé, qui sait faire en sorte que les gens donnent le meilleur d'eux-mêmes.»

Robert Boner
C'est sur le tournage de «Le Petit Prince a dit» que Jean-Stéphane Bron a rencontré le producteur Robert Boner. «Il m'avait promu assistant caméra, alors que j'étais électricien. Au lieu de me payer, je lui ai demandé de me produire mon premier film.» Commence alors une collaboration qui aboutira à «Mais im Bundeshuus - Le génie helvétique», succès inattendu dans les salles et en vidéo.

Marc Bloch
Marc Bloch, directeur des cafés La Semeuse à La Chaux-de-Fonds, a participé à la production de «Mon frère se marie». «C'est une aventure extraordinaire, raconte-t-il. Le producteur Thierry Spicher, qui savait que je m'intéressais au cinéma, m'a envoyé le scénario. Il m'a beaucoup plu. J'ai accepté d'y investir une somme raisonnable, que je peux risquer. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de participer au projet et d'apprendre. Jean-Stéphane Bron sait très bien où il va. Nous sommes devenus des amis.»

Pierre Edelman
Un jour, le célèbre producteur de Lynch, Almodovar et Mike Leigh a appelé Jean-Stéphane Bron. «Je croyais que c'était une blague. Nous avons eu un bon contact. Nous allons peut-être travailler ensemble par la suite.»


La politique

Berne
«Après «Le génie helvétique», j'avais un carnet d'adresses que beaucoup de journalistes auraient pu m'envier, raconte Bron. Je pense que la plupart des parlementaires suisses ont vu le film. Mais je n'utilise pas du tout ce réseau.»

Bundeshaus
Parmi les politiciens qui lui ont une fois donné un coup de main, et avec lesquels il a gardé un bon contact, Jean-Stéphane Bron cite les conseillers nationaux Marianne Huguenin («c'est quelqu'un de clair, de franc, d'honnête») et Yves Christen («il a une vraie noblesse dans sa manière d'aborder la politique»). Jean-Stéphane Bron apprécie aussi le secrétaire d'Etat à l'éducation et à la recherche, Charles Kleiber, qu'il avait contacté pour «Le génie helvétique». «J'avais été impressionné par son intelligence.»


Les adversaires

Michael Moore
Sur le plan de l'approche documentaire, Jean-Stéphane Bron ne considère pas le cinéaste américain Michael Moore comme un exemple à suivre. «J'avais beaucoup aimé son premier film, «Roger et moi», mais pas du tout le dernier. On ne peut pas utiliser les mêmes armes que celles que l'on dénonce. «Fahrenheit 911» ne fait que prêcher des convaincus, avec des procédés télévisuels. C'est une pensée qui fonctionne par slogans. Pour moi, la fin ne justifie jamais les moyens. C'est une question de morale.»

Jean Perret
Jean-Stéphane Bron n'apprécie pas Jean Perret, le directeur du festival Visions du Réel, à Nyon. «Notre inimitié est connue, dit-il en riant. Elle date du moment où il m'avait abordé dans la rue, à Locarno, pour démolir mon premier film qui venait d'être présenté sur la piazza Grande.» Guerre ouverte? Pas vraiment. Jean Perret, que nous avons contacté, n'a pas souhaité s'exprimer à propos de Jean-Stéphane Bron.

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Une version de cet article est parue dans L'Hebdo du 16 février 2006.

Patrimoine religieux: Encore des chapelles à sauver en Mayenne / lu dans Ouest-France

samedi 05 avril 2008

La chapelle des Aillières, à Azé, reste seule au milieu d'un parc.

Encore des chapelles à sauver en Mayenne

Il y a environ 850 chapelles. La société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne (SAHM) en a déjà répertorié 400. Certaines en mauvais état.
C'est un comité de pilotage qui répertorie les chapelles mayennaises, depuis 2002, dans le but de faire prendre conscience aux divers propriétaires de la valeur de ce petit patrimoine. « À ce jour, on a réalisé 400 enquêtes, expliquent Joël Poujade et Gervais Barré, du comité de pilotage. Ou nous avons retrouvé la chapelle, ou une trace. » Sur les 400 déjà photographiées et répertoriées, « des travaux sont en cours pour une trentaine de dossiers et 20 à 25 chapelles sont à sauver. » Comme ces cinq exemples qui illustrent tout ce que les groupes ont rencontré comme problèmes. Après un véritable travail d'enquête.
À Azé, la chapelle Les Aillières date de 1646. « Elle aurait due être démolie en même temps que le château et les dépendances, l'année dernière » raconte Joël Poujade. Une association locale qui devait la prendre en charge, s'est désistée. La mairie et la communauté de communes n'ont pas les moyens de la restaurer. « Il y a bien, à Azé, un retraité du bâtiment qui serait prêt à faire quelque chose mais pas tout seul. On espère qu'une association se mobilisera. »

Notre-Dame de Doucé près de Jublains est une ancienne église communale qui comprend des éléments du XIIe siècle. « Une partie de la toiture est remplacée par de la toile goudronnée posée par la commune » remarque Gervais Barré. Cette chapelle abrite la célèbre Notre-Dame de Doucet et sa légende du chevalier. Fait prisonnier pendant les Croisades, le chevalier a prié N-D du Doucé, ses fers sont tombés et il a pu revenir chez lui. Les fers sont exposés dans la chapelle à côté d'une statue romane de la Vierge.

La chapelle de Coulonges à Saint-Fraimbault-de-Prières appartient à un propriétaire privé qui voudrait faire consolider la maçonnerie et refaire une couverture de sauvegarde. Les aides ne sauveront pas l'édifice mais une association pourrait, elle, s'occuper de la charpente dont une partie est effondrée et du pignon endommagé.

La chapelle des Echerêts, à Chevaigné-du-Maine, date de 1855. Privée elle fait partie d'une succession. La commune serait prête à l'acquérir et, si une association se créait, « elle serait sauvée. »

Autre exemple, celui de Sainte-Anne à Saint-Hilaire-du-Maine. Située près de la route, privée, sa toiture est endommagée et le sol a été pillé. « Ce qui est intéressant, ce n'est pas l'édifice en lui-même, du XIXe mais le retable à l'intérieur. » Daté de 1696, il est signé Langlois. « On espère que le propriétaire va restaurer cette chapelle qui abrite un véritable bijou » souhaite la société.

Jacqueline AZZI.

Ouest-France